Il était déjà là en 2025 et il est de retour en 2026 sur la scène de Jazz’Alp Festival. C’est dire que Karim Bonnardel a séduit le public, à juste titre, puisque confirmation en est donnée encore cette année.
Ce n’est pas parce l’instrument est petit qu’il ne peut pas faire de la grande musique, quand on sait l’amadouer comme sait le faire Karim. L’ukulélé d’origine hawaïenne est fait de bois d’acacias et produit un son particulier très cristallin. C’est celui que préfère Karim, bien qu’il soit venu avec un autre instrument de facture différente et un charango originaire d’Amérique latine.
Outre d’être très attachant, Karim Bonnardel est un musicien virtuose doué d’une dextérité remarquable et indispensable pour la taille de l’instrument. Il a donc composé pour les dix ans de Jazz’Alp une longue pièce Mattacena dont il jouera quelques morceaux, en hommage au plateau matheysin. En effet c’est sur les pentes de ses montagnes, ou sur les bords du Lac de Laffrey qu’il trouve l’inspiration pour ses compositions.
Des doigts de Karim sort des sonorités inattendues : orientales, moyenâgeuses, jazz manouche, ou rappelle le clavecin, mais le dénominateur commun reste le cristal qui s’en dégage. Variant les rythmes, tantôt doux et lent, tantôt énergique et rocky. Tout est possible avec l’ukulélé ! C’est ce que défend Karim sur sa chaîne YouTube « Karim Ukulele Therapy ». Il n’a d’ailleurs pas hésité à déclarer avec son sens de l’humour que « S’il y avait plus d’ukulélés dans le monde, il n’y aurait plus de guerre ! »
Mattacena, Mascarade, Le vent souffle, Edelweiss, font partie de l’ensemble Mattacena, tout en énergie ou d’où jaillit la gaieté, l’enthousiasme. La reprise des Feuilles mortes est inventive et originale. Karim met tous son cœur de papa dans le morceau intitulé @meet me at noon, pour son fils parti faire ses études au Canada.
L’hymne à l’amour d’Edith Piaf clôt ce magnifique concert tout en émotion fragile. Amour que le public lui rend bien. Merci à Karim pour cette belle bouffée de printemps !
