14/03/2026 – Petite Lucette à Jazz’Alp

14/03/2026 – Petite Lucette à Jazz’Alp

Il paraît que Petite Lucette évoque une grand-mère infatigable qui aime danser jusqu’au bout de la nuit….

Il faut dire que le quintet Petite Lucette a deux casquettes musicales, l’une orientée vers la danse, l’autre vers un jazz improvisé, poétique et surtout très original.

Le titre de leur dernier album Incendier nos tristesses, est en lui même prometteur de poésie et d’énergie positive. Les compositions de Clémentine Ristord nous invitent à la suivre dans des histoires aux noms improbables, éveillant notre imagination au gré de la musique qui les accompagnent.

Clémentine au saxophone, à l’ocarina et au flûtiau est aussi accompagnée dans la composition par Pierre-Antoine Despature à la contrebasse. Complètent de quintet : Sylvain Fouché au piano et claviers, Félix Joubert au vibraphone et Matthieu Imbert à la batterie.

Petite Lucette apporte une présence vivifiante, pleine de jeunesse et spontanéité, tout comme leur musique. Pour Les yeux couleur verveine, titre surprenant certes, mais il y a bien déjà eu Les yeux couleur menthe à l’eau !,  Clémentine a posé son saxophone pour dire d’une voix déterminée son premier texte en français. Elle le refera plus tard dans Et si on dit révolution il faudra le dire en douceur. Et il y a de la douceur et de la tristesse dans l’accompagnement musical du magnifique texte engagé de Virginie Despentes de 2020 sur les dominants et les dominés, les désillusions et surtout le sort des femmes du monde (voir ici). Pierre-Antoine, très intériorisé dans son solo de contrebasse, improvise avec son archet plaintif, le désespoir jusqu’à la déchéance et l’effondrement.

La musique évoque des histoires et selon , est festive, débridée ou nostalgique.  Les chrysanthèmes fleuriront sur nos rêves fait exploser les instruments. D’un bâillement ils achèteraient le monde, Son vieux brigand est en cavale, Le rhume des feux follets, et on se retrouve dans un univers semblable à celui  d’Emir Kusturica, mélange bariolé de styles et d’énergie.

Avec La mutinerie des manèges, le vibraphone et la batterie augmentée de boites de métal, les tapotements de la contrebasse, met en place l’organisation de la mutinerie. On suit la progression haletante des manèges fugueurs qui trottinent, et se reposent enfin libres !

Musique narrative ou narration musicale, évocation sensible d’histoires poétiques, humour, inventivité, frénésie, voilà les ingrédients indispensables des recettes de La Petite Lucette.

Et comme elle aime danser et qu’il y a un anniversaire à fêter, on pousse les chaises et le public enthousiaste danse, tout en savourant les bulles offertes pour les dix ans de Jazz’Alp festival.

Longue vie à ce festival particulièrement chaleureux et sympathique qui doit sa réussite à ses dévoués organisateurs et bénévoles qui méritent amplement d’être applaudis

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