26/03/2026 – The New Orleans Syndicate au Jazz Club de Grenoble

26/03/2026 – The New Orleans Syndicate au Jazz Club de Grenoble

La Nouvelle Orléans : rien que ce nom évoque tout à la fois notre lien historique avec l’Amérique du Nord, l’architecture coloniale du Vieux Carré et les majestueux bateaux à aubes sur l’immense Mississippi. Mais ceux qui ont eu la chance d’y séjourner se souviennent par-dessus tout de la musique, omniprésente et entrainante. Et l’ensemble des six musiciens de ce Syndicate nous a offert ce voyage, à travers les titres qu’ils ont interprétés.

Ces excellents musiciens ont su retrouver les sons et la spontanéité des ‘bands’ historiques, pour faire revivre d’immenses standards tels que Cornet Chop Suey, St Louis Blues, et Potato Head Blues.

D’emblée, chaque musicien a pu faire montre de sa grande maîtrise et virtuosité. J’avoue que l’on n’attendait pas Raphael Martin et son impressionnant sousaphone dans ce rôle de soliste virtuose ! On a l’habitude d’entendre cet instrument simplement ‘planter des basses’ et si Raphael assure ce rôle, certes essentiel, il joue aussi de son instrument, dans les deux sens du terme. Tout au long de la soirée, il nous offrira des chorus joyeux et volubiles, bien dans l’esprit de cette musique.

Ses amis ne sont pas en reste, et tous prennent tour à tour un chorus, suffisamment long pour nous faire apprécier leur talent, sans s’étaler à l’excès. Evidemment, la trompette d’Aurélien Joly a un rôle particulièrement important dans cette musique ; il retrouve des accents et une sonorité à la Armstrong, et accroche des notes stratosphériques, apparemment sans efforts : c’est la marque d’une grande technique parfaitement maîtrisée.

A la batterie, Josselin Perrier, muni des accessoires typiques de l’époque, retrouve les sons et les rythmes du jazz traditionnel du tout début du XXème siècle. Il nous offre notamment un superbe chorus ‘à suspense’ en introduction de Sweet Georgia Brown.

Saint Louis Blues donne l’occasion à Boris Pokora, à la clarinette et à Anthony Bonnière au trombone de faire preuve à leur tour de leur joyeuse créativité, qu’ils partageront avec le public, tout au long du concert.

Par moments, Grégory Aubert, lâche son banjo pour nous offrir quelques jolies improvisations à la guitare, notamment sur In The Court Of King Oliver (de Wynton Marsalis).

C’est dans ce titre notamment que l’on sent que ce concert n’est pas une sorte de ‘musée musical’, figé dans une interprétation étroite de ces thèmes historiques. Tout en respectant cette musique ‘patrimoniale’, les musiciens du Syndicate ont adopté des arrangements plus modernes, qui montrent, s’il fallait le redire, que ce jazz fondateur est aussi éternel.

C’est donc tout naturellement, que nos amis musiciens nous proposent Loose Duck de Wynton Marsalis, faisant un bond en avant dans l’histoire du jazz. Les harmonies se sont enrichies, et les arrangements sont parfois repris en réduction à partir des partitions de big bands. On est même parfois proche d’une rythmique ‘funky’. Aurélien et Boris (cette fois au sax) et même Raphael s’en donnent à cœur joie…et la salle bouge avec eux.

Sentant que le public du Jazz Club de Grenoble est chauffé à blanc, Antony se met au chant et avec ses amis, entraîne toute la salle dans un Utaneï aux influences merveilleusement caribéennes. De même vers la fin du concert, propose-t-il à la salle de scander Hu ta Nay-shake that thing. Et comme pour ‘boucler la boucle’ le concert se termine par un Oh When The Saints, interprété dans la plus belle tradition des ‘marching bands’, en déambulation dans le public, enthousiasmé, ravi, debout.

Encore une super soirée au Jazz Club de Grenoble, conquis par la musique et la personnalité attachante des musiciens de The New Orleans Syndicate.

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