28/05/2026 – Collectif Solar… au Solar

28/05/2026 – Collectif Solar… au Solar

Un nouveau collectif au chevet du Solar de Saint-Etienne

Une chronique du 18 mars dernier (voir ici) avait relaté les soubresauts financiers qui agitaient le Solar et ce, malgré une programmation artistique au top. Cela avait entraîné des conséquences humaines, à savoir le licenciement économique de deux salariés. Et structurelles, avec la nomination de Marion Rim en tant qu’administratrice générale, désormais seul poste en CDI. On avait alors évoqué la création future d’un collectif, afin de gonfler l’âme et la bourse de cette belle scène.

Voilà qui est fait. Et c’est avec des gorgées pleines de jazz qu’on a trinqué jeudi à la naissance de cet enfant dodécacéphale.

Ce sont, en effet, douze musiciens professionnels, émergents ou élèves de 3ème cycle du conservatoire Massenet qui se sont fédérés pour que vive le lieu. Il s’agit de Pierre-Etienne Parent (trompette), Charles Clayette (batterie), Clovis Bouffioux (contrebasse), Romain Nassini (piano), Pierre Mendola (flûte traversière), Thaïs Murat (contrebasse), Anthony Teyssier (batterie), Thomas Bell (piano), Ludovic Murat (saxophone), Mahé Kalla (piano), Tom Drevet (batterie) et Michel Molines (contrebasse). Tous sont rhônalpins et, en grande majorité, stéphanois. Pour la plupart, ils connaissent bien l’endroit et le font déjà vivre lors de jams régulières. Alors, que vont-ils faire de plus, concrètement? Et qu’est-ce qui les a motivés dans le projet? Pour Thomas, « on se sent concernés par le lieu. De plus, le jazz est une musique fédératrice qui est à la croisée de différentes cultures. Des jeunes viennent, qui ne connaissaient pas forcément cette musique. Et puis, de nombreuses personnes gravitent autour, comme une amie vigneronne qui vient les lundis soirs. En fait, on veut faire tout ce qui est de l’ordre du partage, d’autant qu’on est en centre-ville, dans un quartier populaire. Or, le jazz est une musique populaire ». Charles et Michel ajoutent: « A la rentrée, on devrait faire une soirée jam de plus par mois mais on doit encore définir plein de choses, on en est aux balbutiements. En tout cas, on est tous là parce qu’on veut faire du collectif et chacun apportera sa patte. L’important est de faire vivre ce lieu, par exemple avec des répétitions en journée. Il y aura aussi trois soirées à l’automne autour de Miles, Coltrane… » Quant à la toute jeune Mahé, elle est ravie d’en faire partie: « C’est vraiment enrichissant d’être ensemble ici, ça permet de mêler toutes les générations, le jazz n’est pas une musique qui appartient à une tranche d’âge ».

Le Solar, un lieu de vie et de partage, sans tabou mais addict à sa dose d’exigence artistique, voilà donc l’esprit promu par ce cénacle musical. Et pour montrer que ce ne sont pas que des mots, les douze se sont mis en quatre pour animer ce soir-là une jam d’un genre nouveau, tirant au sort qui jouerait avec qui dans la composition de trois quartets. Le résultat? Une connexion réussie et un fort courant continu de good vibes.

 

Trois questions à Marion Rim

Comment est née l’idée de ce collectif ?
L’idée est simple, c’est fédérer une partie des musiciens qui sont déjà là presque au quotidien, qui animent les jams mais qui sont aussi « les petites mains » du lieu. On veut que ce soit un lieu par les musiciens et pour les musiciens, qui mêle aussi artistes professionnels et étudiants, pour faire circuler les générations, les énergies communes.

Concrètement, quels sont les changements à venir ?
Sur la fin de la saison, on va baisser le taux de programmation de 30% et mettre l’accent sur la mise en avant du terreau musical local et régional. C’est ensemble que l’on va construire la future programmation, avec, notamment trois soirées d’hommages. On réfléchit aussi à davantage de parité. L’idée est également de s’ouvrir davantage à des actions culturelles, notamment avec les écoles… Et on a d’autres pistes de réflexion. Pourquoi ne pas s’ouvrir à des publics différents, louer le lieu à des entreprises, ou pour des spectacles d’humour par exemple, ça a bien fonctionné quand on a accueilli dernièrement des concerts du festival Paroles et Musiques.

Mais le jazz reste au cœur du Solar ?
Bien sûr! Pour l’instant, on est dans une période de stabilisation, de sécurisation du projet. Mais le jazz reste au cœur du lieu. Et on va continuer et consolider nos partenariats, qui sont essentiels. Notamment avec le Crescent de Mâcon, le Hot- Club de Lyon et la Baie des Singes de Cournon. C’est aussi ça, le partage.

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