28/05/2026 – Eric Séva & Alfio Origlio Quartet « Et dieu créa les femmes » au Jazz Club de Grenoble

28/05/2026 – Eric Séva & Alfio Origlio Quartet « Et dieu créa les femmes » au Jazz Club de Grenoble

Le choix qu’ont fait le pianiste Alfio Origlio et le saxophoniste Eric Séva de mettre en valeur les femmes compositrices du XXème siècle et leurs œuvres a nécessité de donner un titre évocateur à ce concert : « Et Dieu créa les femmes », comme un clin d’œil au film de Roger Vadim.

Au Jazz Club de Grenoble, on ne présente plus Alfio Origlio, il y a son rond de serviette ! Eric Séva aux saxophones, Elvire Jouve à la batterie et Nolwenn Leizour à la contrebasse étaient attendus par un public venu nombreux et curieux.

D’emblée, une ambiance apaisante, douce et chaleureuse s’installe, donnant envie de s’allonger confortablement à l’ombre d’un feuillage généreux et de se laisser porter par les notes, sans résistance aucune.

Les arrangements de ce répertoire féminin ont une résonance particulière à nos oreilles, car ils magnifient des chansons connues, parfois vieillottes, mais inscrites à notre patrimoine mémoriel. Pour les anciens : Puisque vous partez en voyage de Mireille, connue pour l’émission télévisée « Le Petit Conservatoire de la chanson » où Françoise Hardy est apparue dans les années 60, retrouve ici une deuxième jeunesse enthousiasmante.

Eric Séva, qui a fait danser le public des bals populaires avec l’orchestre familial dans sa jeunesse, a le sens de la mélodie, un goût certain pour les rythmes vigoureux mais élégants. Sa maîtrise parfaite de ses instruments trouve sa particularité dans son jeu à l’os d’une part, et son sens de l’improvisation qu’il semble toujours contrôler, d’autre part.

Au piano, Alfio Origlio trouve des accents romantiques dans certains soli, faisant penser parfois à quelques accords de Chopin, toujours maître de sa virtuosité et de ses envolées improvisées.

Pour accompagner ces messieurs, et dans ce contexte de répertoire de femmes, il fallait respecter la parité, et même plus, puisque Nolwenn est apparue dans toute la rondeur de sa maternité proche. Et voilà encore l’élégance et la classe mises à l’honneur.

Nolwenn s’empare délicatement, avec une finesse remarquable, des cordes de sa contrebasse, tandis que la mystérieuse et élégante Elvire caresse, effleure sa batterie et lui fait donner le meilleur, sans brutalité.

La liste des compositrices mises à l’honneur est longue ; je citerai entre autres Amy Winehouse Back to Black, Gretchen Parlato Painful Joy, Nadia Boulanger Trois Pièces, Zazie Nos âmes sont, Barbara L’Aigle noir, Mireille déjà citée…

Pour mettre en valeur ce répertoire éclectique, il a fallu des arrangements qui l’ont magnifié, métissant le thème et l’improvisation, synonyme de liberté.

Le public en redemande, et c’est avec un hommage au grand Sonny Rollins, le Saxophone Colossus qui a marqué l’histoire du jazz, et décédé il y a quelques jours, qu’il a fallu malheureusement se séparer.

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