La flûtiste revient en septet, avec deux invités en plus. Le registre de ce soir est plus jazz-funk qu’électro-jazz, comme auparavant avec ses projets précédents. Les volutes sonores de la flûtiste s’enroulent sur une longue mélodie aiguë. Elle est soutenue par une section de vents composée de Philippe Sellam au saxophone alto, de Sylvain Fétis au saxophone ténor et de Vincent Aubert au trombone. Ce trio de cuivres et bois vient la seconder à l’unisson sur les mélodies, ce qui procure une sensation de puissance musicale. Le trio de musiciens prend tour à tour des solos enflammés. S’ajoute à eux une section rythmique avec Nicolas Derand aux claviers Rhodes, un bassiste (Swaéli Mbappé est annoncé mais ce n’est pas lui qui est présent) et Martin Wangermé à la batterie. Tout en assurant une rythmique solide, cette section est enrichie de duos entre le batteur et le bassiste. Tous prennent également des solos appréciés.
Sur ce triptyque — les deux sections plus la leader — vient s’ajouter un premier invité, un saxophoniste baryton. Il augmente la puissance des cuivres avec une sonorité plus grave. Sur un air dansant du batteur, le clavier Rhodes exécute un solo agrémenté d’un effet fanfare des cuivres. La deuxième invitée est la chanteuse Indy Eka, qui donne un tournant soul à ce set. La voix se mêle aux mélodies de la flûte traversière et se répondent. La flûte soutient la voix sur un scat. Nous avons apprécié un hommage très réussi à Gil Scott-Heron, avec notamment la reprise du titre The Bottle. C’est un choix judicieux des jeunes femmes, car l’original comporte l’interprétation d’un solo de flûte traversière.
Comme pour les trois concerts précédents, pour ce set, le son est vraiment trop fort. Les vibrations tapent sur le thorax, ce qui signifie que le corps des spectateurs encaisse les décibels. Les bouchons d’oreilles sont indispensables. Dans ce cas, les nuances fines des sons de la flûte traversière sont peu perceptibles, sauf lors d’un morceau calme. Ce son fort correspond à l’attente du public de ce soir, qui est venu pour danser. Est-il possible de danser sur une musique dont la sonorité est délicate ?
Les musiciens :
- Ludivine Issambourg : flûte
- Philippe Sellam : saxophone alto
- Sylvain Fétis : saxophone ténor
- Vincent Aubert : trombone
- Nicolas Derand : claviers
- Martin Wangermé : batterie
- Invités : Damien Gomez : sax baryton ; Indy Eka : voix (et quelle voix !)
