24/07/2026 – Candy Dulfer & Band à Pleins Feux Festival

24/07/2026 – Candy Dulfer & Band à Pleins Feux Festival

Pour cette édition 2026 du Plein Feux Festival, j’avais remarqué récemment l’annonce d’une belle programmation pour la soirée du 24/07 : Jeannette Berger, une chanteuse autrice-compositrice dont le nom m’évoquait quelques belles annotations. En deuxième partie de soirée, The Buttshakers, groupe de soul plutôt connu à Lyon pour les amateurs de la pépinière du Périscope, formation dont j’avais déjà eu le plaisir d’écouter et d’assister aux concerts à plusieurs reprises par le passé, mais que je n’avais pas réentendue récemment.
Et en troisième partie de soirée, Mme Candy Dulfer & Band comme tête d’affiche.

Je ne connaissais pas spécialement la musique de Candy Dulfer, mais cela faisait déjà quelque temps que mes recherches généralistes, légèrement musicales, sur YouTube me ramenaient à cette artiste au sax ravageur !

Juste après une rapide consultation de sa bio, dont la longueur évoque une carrière fort riche — et, en conséquence, un talent très souvent reconnu et sollicité —, s’ajoute une série de récompenses prestigieuses, à se demander de combien de vitrines il faudrait disposer pour les exposer… Et des collaborations de dingue, même si elles ne semblaient pas toutes s’orienter vers le jazz.

Forts de ce constat, mon rédac-chef et moi-même avons pris notre baluchon de chroniqueurs pour nous rendre en ce lieu de festival que nous n’avions, ni l’un ni l’autre, encore arpenté.

Donc, après deux beaux concerts de Jeannette Berger (malgré les circonstances ! (voir ici)) et de The Buttshakers (voir ici), dont j’ai apprécié l’engagement, l’énergie vraie et communicative, il est 23 h 00 lorsque les techniciens installent le plateau pour Mme Dulfer et son band.

Son projet présenté ce soir se nomme le « Funkalicious Tour ». Un grand rideau de fond de scène est monté avec, en son centre, un magnifique néon « Funkalicious », agrémenté d’une belle bouche, au rouge à lèvres bien rouge, qui perle quelque peu. Est-ce une référence à la canicule récente ? J’en doute ! Il doit s’agir d’une autre symbolique dont j’ignore le sens.

Le plateau technique est installé en trois temps, trois mouvements, de façon efficace. Il était moins complexe que certaines très grosses installations de Jazz à Vienne, mais il faut tout faire, et le faire bien !

Nous aurons donc droit à une batterie, une basse, une guitare, un double clavier, un sax soprano, un trombone et trois micros en central pour Candy Dulfer et son sax alto, ainsi que probablement deux voix.

Le band entre alors en scène et chacun s’installe conformément à ce que j’avais imaginé, hormis les deux voix qui sont en fait masculines.

L’orchestre installé démarre rapidement et, presque simultanément, Candy Dulfer entre en scène dans son bel habit blanc et doré, portant son sax alto accroché à son cordon.

Immédiatement après une ovation de rigueur, elle embouche son sax et développe un son fluide, suave, mais suffisamment énergique pour nous dévoiler toute sa maîtrise.

Belle entrée en matière avec son tube Sax-A-Go-Go. On se dit que l’on va avoir un beau concert… Avant le second morceau, Candy Dulfer nous explique qu’il est inspiré, dédié à notre planète, aux étoiles… Un peu dubitatif face à cette annonce, c’est dans la musique qui va suivre qu’elle va commencer à me perdre.

On entre dans un funk bien actualisé aux sons du XXIe siècle. On est loin des sources, et les deux « go-go danseurs » qui l’encadrent ne participent pas à mon plaisir.

Légèrement hébété, j’assiste et je commence à m’interroger sur le sens que ce concert va prendre…

Next song – « Most Positive Song » : Yeah Yeah Yeah. Les « go-go », voix de chœur, dont l’un se fait également chanteur, incitent le public à les accompagner dans le rythme avec force encouragements. Cela fonctionne plus ou moins selon la distance à la scène.

Candy Dulfer est souvent au chant, et occasionnellement au sax pour des solos forts attendus. Ceux-ci sont d’ailleurs bien exécutés, sans plus. Mais je note quelques passages assez éblouissants de maîtrise, de fluidité et de précision. Malheureusement, ces moments de grâce restent intermittents.

Et c’était pour cela que j’étais venu écouter Candy Dulfer, et je commence à réaliser que ces moments vont être rares, et, de ce fait, le concert long… Elle pousse l’exubérance jusqu’à finir son solo de sax, un pied sur l’enceinte de retour, penchée en arrière au maximum, exposant son sax comme un trophée ! On frôle le cliché à gros traits.

Nouveau titre : son tube qu’elle interprétait avec Dave Stewart, Lily Was Here. Nous ne sommes plus dans le funk : on passe à la pop, voire au pop-rock, mais qu’importe, cela sera fait !

Le duo sax/guitare est bien exécuté, cela s’écoute plutôt agréablement, et elle l’agrémente même d’un solo final avec des pleins et des vides plutôt réussis.

Le concert se poursuit alors avec une succession de titres funky, mais joués en mode fusion funk, disco, rap : genre démonstration commerciale, à mon sens.

La suite est à l’avenant : un medley où l’on aperçoit quelques bribes de son talent, trop rares à mon goût, car elle est souvent au chant avec ses deux choristes.
Le show l’emporte sur le fond, ce qui m’incite à décrocher quasi définitivement.

Quelques titres plus tard, dans la même veine, où le funk de 2026 a été teinté de nombreuses influences récentes, je ne sais plus vraiment classer ce concert.

On a droit tout de même à quelques passages musicaux de qualité, notamment le clavier, qui exécute un solo propre avec une certaine virtuosité.

Candy Dulfer veut alors faire preuve de sa polyvalence : elle prend les baguettes de la batterie. Sax et trombone l’accompagnent dans son intermède… je préfère qu’elle reprenne son sax !

Nous abordons une nouvelle chanson avec une guest : Shelby Johnson à la voix. [NdlR : une choriste de Prince pendant près de dix ans, quand même]

Elle a une jolie voix chaude qui pourrait être mise en valeur si nous n’étions pas dans le show 2026 façon funk : une grosse ligne de basse plutôt propre, du spectacle en première ligne, un peu de sax… et c’est tout.

Désolé, je m’arrête là. Je décide que j’en ai assez entendu et je m’en vais.

Comme à Vienne, j’ai été satisfait, voire enchanté, des premières parties. Mais le spectacle phare ne m’a pas enthousiasmé ! Tant pis, ce sera pour une autre fois…

Les musiciens (il doit en manquer) :

  • Candy Dulfer : sax, voix
  • Shelby Johnson (invitée) : voix
  • Ivan Peroti : voix
  • Camilo Rodriguez : voix
  • Ulco Bed : guitare
  • Xander Buvelot : basse
  • Kick Woudstra : batterie
  • Jordy Kalfsvel : claviers
  • Efe Erdem : trombone
  • Marc Mangin : saxophone

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