Ah le quartet de Rubinho Antunes! À la belle équipe! Que dis-je ! Le combo « magik » « le » gang splendide, la bande des 4! quelle énergie! Quelle impressionnante familiarité avec la haute voltige musicale! Le vertige fut assuré! Le bon vertige! Non pas celui qui fait peur, mais celui qui donne du plaisir!
Le groupe est bien constitué! Le leader (Rubinho, of course)à la trompette, varie les effets, du bugle doux et poétique, aux suraigus de la trompette, au phrasé parfois très rythmique, précis, net, supe-néo-hard bop, aux fluides quasi coltrainien, avec quelques belles compositions où le Brésil » pousse un peu sa corne ». Au piano Alfio Origlio, comme toujours, ça ne boite pas! Ça déboite ! »marche ». Ou plutôt il cours,il vole…Volare ! Wings and notes encore et toujours, quand un style est constitué. Le goût des airs. Des phrases vertigineuses, des rythmes possédés, une transe aérienne. Haute voltige vous dis-je.
Marcel Bottaro à la contrebasse, fut pour moi (et d’autres) la révélation du soir. Des introductions somptueuses, une imagination mélodique bienfaisante, des phrasés éblouissants. La salle Stendhal est enthousiaste.
Et puis, il maestro et sa maestria (pléonasme volontaire!) sa tournerie fascinante, sa machinerie rythmique féérique. Ah la batterie donc Zaza Desiderio; un jardin sur la tête, et dans le cœur un autre (où le même)! Dans les mains le bonheur des tempi du Brésil. Non pas « tant pis » mais tant mieux!
Nous nous sommes régalés donc à écouter des compos personnels –Travessura, 9 doigts, Sobre nos, Expedicoes , Ohla Maria)…et d’autres chants célèbres –Aquarela do Brasil…Et le public du Jazz club de Grenoble en a redemandé, puisque nous avons eu le plaisir de deux rappels (imprévus comme il se doit)
Belle atmosphère au club, avec de la joie et une fraternité chaleureuse: Le dévouement des bénévoles (au sens étymologique) et la simplicité de musiciens abordables et heureux d’échanger ajoute à la musique cette résistance culturelle qui ne faiblit pas et tisse le lien social. Ce à quoi certains ministres en partance (bon vent) semblent sourd !
