11/03/2026 – Fabrice Tarel Quartet & Ecole de musique de La Mure & Bourg d’Oisans à Jazz’Alp

11/03/2026 – Fabrice Tarel Quartet & Ecole de musique de La Mure & Bourg d’Oisans à Jazz’Alp

Première partie : Écoles de musique de La Mure et de Bourg d’Oisans

Jazz’Alp Festival a invité en première partie du concert de Fabrice Tarel Quartet, deux écoles de musiques dirigées par Laurent Nyssen.

Lyre est le nom de l’école de Bourg d’Oisans. Elle réunit neuf musiciens qui ont interprété trois morceaux Les lunes de Cuzco, Amazing Grace et l’ouverture du Barbier de Séville de Rossini.
Trois styles pour ces musiciens amateurs.

Leur ont succédé les Saxifrages de La Mure, un clin d’œil aux saxophones de tous genres: baryton, soprano, alto et ténor qui composent ce groupe et à la fleur alpine au nom éponyme. Neuf musiciens également tous aussi appliqués qui ont joué des morceaux de jazz, brass band, classique et ont fini avec le très célèbre We are the champions de Queen.

Des félicitations particulières aux « mini saxophonistes » que sont Maïlise et Adrien, qui déjà ont un sens du rythme, jouant de leur corps pour battre la mesure. A suivre……

Deuxième partie : Fabrice Tarel Quartet « London vibes »

Le pianiste et compositeur Fabrice Tarel est un habitué de Jazz’Alp festival. Pour sa troisième participation c’est en quartet qu’il est venu nous faire partager son magnifique album « Suit for freedom ». Il ne pouvait pas choisir meilleur programme dans ces paysages de montagnes encore recouverts de neige, où l’envie de liberté domine.

La musique de Fabrice s’y prête par définition. Comme son titre l’indique il s’agit d’une suite, d’une symphonie qui s’étire, se diversifie, plonge dans des émotions multiples et rejaillit triomphante.

Et pour cette musique complexe, riche, profonde, à l’univers singulier, il fallait des musiciens avertis et Fabrice a fait le bon choix ! Tom Ollendorff : jeune prodige de la guitare, issu de la scène londonienne et reconnu internationalement, le souriant contrebassiste Christophe Lincontang et le batteur Andy Barron, musiciens talentueux et d’expérience.

C’est en douceur que tout commence. Le piano s’envole sous les doigts souples et surs de Fabrice, la mélodie est attrapée par Tom à la guitare originale et à la gestuelle minimaliste. Il impressionne par la dextérité et l’extrême virtuosité de son jeu sans faille. Il semble emporté par son instrument, entraînant avec lui contrebasse et batterie, avant que le calme revienne.

Et ça continue, avec en prime l’originalité dans la construction de la pièce, et la place de l’improvisation qui implique une parfaite complicité entre les musiciens, marquée par l’échange de sourires. Ils prennent plaisir à jouer ensemble sous la houlette d’un Fabrice, guide empathique et garant de la cohérence.

Si Christophe semble converser avec sa contrebasse, la regardant gentiment avec le sourire, Andy caresse sa batterie, la titille, la gratte, la bat et lui fait donner le meilleur d’elle même. Tom, qui n’a pas deux mains gauches, si je peux me permettre, fait galoper ses doigts donnant l’impression de jouer au feeling, tout en intensité. Chacun s’écoute, se surprend, se répond, il y a de l’écho.

Le troisième mouvement de la Suite, le plus long d’ailleurs, est une déclinaison de quelques accords visités, revisités par chacun. Tom entame le thème et le teinte de nostalgie, mais ça ne dure pas, l’éclat revient, tout explose avec la reprise générale. Une succession de soli parfaits, de douceur, de feux d’artifice, de lyrisme, d’élégance, de délicatesse, d’improvisation et surtout un groove original.

En final, la musique devient envoûtante et nous fait décoller. Tout s’emballe, les rythmes se bousculent, les instruments explosent.

Fabrice, pianiste à l’esthétique et l’harmonie sophistiquée, compositeur exigeant ayant le sens de l’équilibre et de l’élégance, a offert au public un concert d’une rare intensité pour un voyage paisible mais néanmoins ensorcelant.

 

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