Gérard Duchamps, un des fondateurs du Jazz’Alp festival qualifie Pascal Billot de « magicien du son », parce qu’il est musicien d’une part et parce d’autre part il a sauvé le festival à plusieurs reprises ? Lui qui en assure la sonorisation depuis 2017.
Comme il est aussi un magistral saxophoniste, le festival reconnaissant lui a donné carte blanche pour l’anniversaire de ses dix ans. Et voici que sont réunis à ses côtés pour la première fois, mais sûrement pas la dernière, le quintet de trublions que sont le flûtiste à la voix grave Sergio Zamparo, le guitariste à la coiffure étonnante Philippe Guidat, le batteur Nicolas Gallard et le contrebassiste gaucher Michel Teyssier.
Pascal a composé tous les morceaux de ce concert pour une plongée dans un univers luxuriant. Avec ce jazz inventif chacun s’exprime avec panache. Philippe inaugure ce voyage avec des rythmiques de flamenco, une de ses sources. Le swing énergique du reste de la troupe le rejoint et chacun s’éclate, la flûte traversière apportant une légèreté toute en élégance. Pour cet ATA Carnet, on est proche du free jazz. Le carnet ATA (admission temporaire) est un document douanier international qui autorise la circulation de biens dans un certain nombre de pays. Il semble que ces formalités douanières ont du être parfois très irritantes pour Pascal !
Le groupe s’entend comme larrons en foire, l’atmosphère est très détendue et Philippe fait le clown avec sa guitare à accorder après chaque morceau : mystère !! Ce qui les réunit c’est l’amour du jazz, jazz varié et riche, servi par un redoutable saxophoniste qui mène la danse dans Satyr meets me, entre’Autre.
Nous est fait la démonstration que tout est possible en jazz, qu’il soit d’inspiration africaine, répétitif ou fait d’envolées lyriques, d’improvisations improbables. Bref c’est la liberté avec le talent, en l’occurrence !
Chacun trouve son compte dans cet univers débridé, foisonnant de notes, de rythmes, d’énergie.
Quand il était en résidence sur les berges de la Neretva près du pont de Mostar en Bosnie, démoli pendant la guerre de Bosnie, Pascal a composé une ballade magnifique dans l’idée que peut revivre des bribes de beauté qui deviendront plus tard de belles et grandes choses. La sensibilité de Pascal se conjugue avec un talent impressionnant de saxophoniste engagé, talent qu’il partage avec les quatre autres.
Et c’est dans un Brésil flamboyant avec Samba que la soirée s’est terminée, donnant au public une irrépressible envie de danser.
