Cette soirée en deux temps programme deux formations : tout d’abord l’explosive Lakecia Benjamin au sax alto et ses trois compères : Oscar Perez (piano), Elias Bailey (contrebasse) et Jonathan Barber (batterie).
Alors, je ne vais pas réaliser ici la chronique de ce concert, mais une mise en relief me paraît nécessaire !
Lakecia Benjamin, que la majorité des spectateurs de ce soir ne devait pas connaître, a mis le feu d’entrée !
Au point que tous ceux qui pensaient pouvoir avoir le temps de se désaltérer, de s’abreuver, de se restaurer en préalable au passage de De La Soul ont été cueillis, happés ; ont reporté leurs activités et se sont précipités au plus près de la scène pour contempler, écouter et se réjouir de cette ambiance électrisante, de ce rythme de folie capable de surchauffer un théâtre déjà aux limites caniculaires…
Toujours est-il qu’après cette première partie menée à un train d’enfer, le théâtre était chaud bouillant pour accueillir les stars de la soirée : De La Soul !
La pause est la bienvenue pour reprendre notre souffle, nous, les spectateurs. Mais la pause n’est pas de tout repos pour les techniciens, qui installent un plateau impressionnant, digne des grands stades : deux plateaux arrière, avec à gauche trois soufflants, à droite deux guitares. Ces deux plateaux encadrent un plateau central où trône une batterie de concours. Déjà, nous commençons à envisager du lourd !
Entrent ensuite deux autres plateaux : l’un se positionne en biais devant les cuivres (trombone, trompette, sax/flûte). Ce plateau est très bien rempli d’un ensemble de percussions, digne d’un grand orchestre !
À gauche, le plateau positionné devant les guitares est destiné aux claviers. Toujours la même démesure : j’ai compté au moins quatre claviers différents !
Là, on se dit que l’on va avoir droit à un spectacle musical complet et que l’on ne devrait pas s’ennuyer. Bouchons d’oreilles obligatoires !
Mais ce n’est pas fini !!!
Au milieu de la scène, sis devant la batterie, on positionne un plateau haut (à hauteur d’homme debout) avec tables de mixage et tout le toutim que requiert la musique électronique de ce genre.
Au final, c’est un véritable plateau de compétition. On va avoir droit à du lourd !
L’entrée des musiciens se fait sur les plateaux arrière et latéraux : ils s’installent et démarrent, à mon sens en douceur par rapport au sommet où nous avait laissés Lakecia Benjamin.
Entre alors le duo principal : Pos, aka Plug 1 pour la voix, et DJ Maseo, aka Plug 3 aux platines et à la voix.
Et à ce moment, je comprends pourquoi 98% des spectateurs de cette soirée sont présents !!! Ovation immédiate !
Et on démarre par un morceau plutôt soft, musical, auquel le public adhère immédiatement. Ça clappe aussi sec !
Pos s’amuse des avions de papier qui atterrissent sur la scène et les renvoie aussitôt dans le public. Il ne doit pas connaître notre coutume locale, mais on lui pardonne.
Sur un autre titre, For the Ladies, plus groovy, il s’amuse en se prenant en selfie avec la fosse.
Suit alors un épisode de mise à contribution du public de la fosse, où il fait réagir successivement le côté droit, puis le côté gauche, en les comparant, les motivant, les incitant à « Make some noise! ». Et cela fonctionne pour ce public qui est venu pour ça !
Suit un grand moment de « hands up » où tout le théâtre participe en chœur. L’adhésion est complète.
On enchaîne des titres plus sobres, que tous connaissent, reprennent, accompagnent. Ça vibre !
S’ensuivent deux morceaux plus musicaux, mais on pressent que l’on se dirige rapidement vers du plus lourd : on va rentrer dans le cœur du sujet… DJ Maseo demande de lever les mains, débute son morceau, s’interrompt pour demander plus de bras levés, et on reprend.
Je remarque que l’orchestre s’est éclipsé. Ils restent deux en scène et le sujet peut commencer… Le hip-hop (rap ?) peut se déverser à flot, et c’est ce que le public était venu entendre. Ils vont en prendre pour le prix de leur soirée, c’est garanti !
DJ Maseo va alors lâcher ses platines et rejoindre son compère Pos pour développer un jeu à deux micros.
La musique enregistrée continue derrière, seule, sans musiciens !? Mais cela semble parfaitement normal : le public adhère complètement. Je dois être le seul à contester cette forme de concert… tant pis.
Toutefois, les connaisseurs adhèrent à bien plus que 100%, et le concert se développe à trois : Pos, DJ Maseo et le public.
Je ne peux détailler la playlist, car j’avoue mon ignorance sur ce point.
Au bout de plusieurs morceaux égrenés ainsi, dans la ferveur populaire, l’orchestre revient et on s’attaque alors à un standard, Love and Happiness (Al Green, 1972, album « I’m Still in Love with You ») !
Ça chante, ça danse, voire ça groove un peu, et comme le morceau est un peu plus long que ce à quoi nous avons eu droit jusqu’à présent, j’avoue que je me laisse aller à apprécier.
Et le public est aux anges…
Un monologue plus tard, on attaque le tube de De La Soul, Ring Ring Ring, que forcément tous connaissent (même moi, j’en ai un vague souvenir). C’est l’apothéose du concert !!!
Les spectateurs et spectatrices sont au nirvana ! Voire au-dessus encore…
Il est 23 h 45, le morceau se termine. Comme un seul homme, chacun plie ses affaires. Le temps pour un rappel ne semble pas être la norme dans ce genre de concert. Et chacun plie bagage, ravi, enchanté de sa soirée, avec le bonus d’avoir découvert Lakecia Benjamin.
En tout cas, soirée réussie : le public était en joie. Les organisateurs, je l’espère, aussi. Et le Festival Jazz à Vienne a réussi !
