26/08/2026 – « Piano plume » pour Tout l’monde dehors

26/08/2026 – « Piano plume » pour Tout l’monde dehors

Où l’on retrouve Grégoire Genuys et son drôle de piano droit à soixante-neuf touches, un piano du facteur Keybird danois (un nom prédestiné pour ce spectacle), qui présente la particularité de n’avoir qu’une corde par note et donc d’être facilement accordable (comme une guitare). Est-ce encore un piano au sens classique du terme ? Qu’importe, Grégoire Genuys l’a adopté pour son côté pratique.

Laurent Brun l’avait découvert il y a quelques semaines (voir ici) et nous a donné l’envie de le découvrir à notre tour.

C’est donc dans le cadre du festival urbain Tout l’monde dehors, au parc Popy (Lyon 4ème), que nous le retrouvons.

Bonne pioche : Francis Popy (1874-1928) est un compositeur lyonnais qui a composé plusieurs centaines d’œuvres orchestrales et des chansons qui ont marqué leur époque. La musique a donc toute sa place ici.

Le concert était attendu : très vite, les rares chaises mises à disposition sont occupées et les familles s’éparpillent autour du piano, à même le sol. Près de deux cents personnes.

Beaucoup de monde, dont le maire de Lyon, des familles avec de très jeunes enfants et quelques « zosiaux » pour le premier morceau, Le Réveil du matin. Vous savez, ces chants qui nous réveillent aussi à point d’heure, alors qu’on préférerait rester enlacé dans les bras de Morphée.

Grégoire se défend d’être un ornithologue : il se présente comme un musicien avec des oreilles, proche du chant des oiseaux, comme d’autres avant lui l’ont été (Olivier Messiaen, Antonio Vivaldi, Camille Saint-Saëns, François d’Assise…). Il en a enregistré beaucoup et s’appuie sur ce fonds pour construire son spectacle.

Le Rouge-Gorge : ce petit oiseau a la particularité de chanter toute l’année et de maintenir nos oreilles en relation avec la nature. Grégoire construit un dialogue avec les chants enregistrés. Cela coule de source.

Pour La Fauvette à tête noire, Grégoire nous explique qu’en ralentissant leur chant, l’oreille humaine peut en percevoir plus facilement la richesse. Et ensuite, pour la même chose en vitesse normale, le piano se fait plus incisif.

Instinctivement, quand les oiseaux chantent, les têtes des enfants et parents se tournent vers les arbres, s’attendant à les découvrir.

Grégoire demande ensuite au public de choisir entre la mésange bleue et le milan noir (et pas la chouette ou un autre volatile). Et, chose rare, c’est le rapace qui a été choisi : il se munit donc d’un appeau et circule dans le public en quête d’une proie, un mulot, un édile, un petit enfant. Heureusement, rien de tout ça ne surviendra !

On passe ensuite aux Martinets (que l’on confond souvent avec les hirondelles), dont le premier vol les entraîne direct en Afrique, avant leur retour à Lyon en volant pendant une année SANS SE POSER. Ce morceau évoque plutôt son vol que son cri.

Pour Le Rossignol, dont le chant est plutôt technique, Grégoire est obligé de « préparer » son piano en altérant le son des cordes avec divers ustensiles pour créer un dialogue original.

La Grive musicienne est un oiseau assez commun, plus gros que les « zosiaux » évoqués précédemment, d’une tonalité plus grave que celles que nous avons entendues jusqu’à présent. Pour ce faire, Grégoire a choisi de l’illustrer par une ballade pour accompagner son chant.

Pour finir, Grégoire évoque Les Matinées du printemps avec le Chœur matinal, où les oiseaux se donnent à gorges déployées pour célébrer le retour des beaux jours et des parades nuptiales…

Ainsi s’achève son spectacle, qui tente une réconciliation des citadins avec les oiseaux, qui passent trop souvent inaperçus, voire négligeables.

On ne peut que se référer au magnifique spectacle « Migrations » (voir ici), qui convoquait les deux stars « chanteurs d’oiseaux », Jean Boucault et Johnny Rasse, au théâtre François-Ponsard, avec Vincent Peirani.

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