De retour dans la salle Edmond Vigne de Fontaine, salle historique qui a vu naître le festival, Festi’Jazz a fait un pas de côté. Un pas à côté du jazz, pour un pas dans la chanson française, poétique et émouvante.
Camille Laïla, chanteuse étonnante de simplicité, est venue avec son univers onirique, envoûté par la nature, nous donner une note d’espoir quant à l’avenir du monde.
Elle nous invite à lâcher prise au gré des éléments naturels et nous pousse à espérer.
Elle est accompagnée de Hugo Corbin à la guitare et d’Arthur Henn à la contrebasse et à la mandoline, et surtout de la chorale du collège Jules Vallès de Fontaine. Quatre-vingts jeunes, de la 6e à la 3e et des anciens maintenant au lycée, dirigés par une formidable et dynamique cheffe de chœur, Estelle Vernay.
Bien que son opus se nomme Crépuscule, Camille projette sur le public une lumière douce de sa voix cristalline, pure, limpide, qui coule comme une goutte d’eau, titre de sa première chanson, Je voudrais être une goutte d’eau. Le vent prend le relais, ainsi qu’une nouvelle amplitude de la voix.
Avec sa guitare et sa voix souple, Camille est comme un troubadour, qui diffuse une poésie sensorielle, une dentelle d’accords, de rythmes et de mots.
La chorale est un véritable appui et donne une valeur ajoutée aux chansons auxquelles elle participe.
La Rose et l’Olivier, mélodie d’amour douce et végétale ; Du Velours, comme la fragilité des coquelicots ; La Pluie, dont elle invite le public à faire le bruit : une métaphore très poétique de la nature.
Telle une Anne Sylvestre en son temps, Camille raconte la vie et compose des mélodies qui côtoient le folk et les musiques du monde. Mais il ne faut pas oublier qu’en 2023, elle a été finaliste au festival Crest Jazz Vocal. Elle nous donne en rappel une formidable démonstration de son talent de chanteuse de jazz, en interprétant a cappella une reprise de la chanson de Claude Nougaro, À bout de souffle, s’accompagnant de percussions corporelles : une véritable performance. Elle prépare d’ailleurs un projet pour le printemps 2027 qu’elle consacre aux chansons de Claude Nougaro, uniquement avec des percussions corporelles.
Merci à Camille et à ses musiciens, à Estelle et aux jeunes de la chorale, de nous avoir permis d’oublier, pendant un petit moment, les turpitudes du monde.
