Luciana Morelli, est une très jeune chanteuse et compositrice d’origine argentine. Malgré son apparence fragile, elle est la leader d’un quintet multi-identités : le pianiste est méxicain :: Mauricio Silva Orendain ; le batteur argentin : Axel Philips ; le contrebassiste britannique : Tomy Fuller, et le clarinettiste suisse : Philipp Hillebrand. Ils forment un quintet depuis cinq ans et sont basés à Bâle en Suisse.
Ce soir, ce sont avant tout les morceaux de leur dernier album « Words of the wind » qui composent la trame du concert. Luciana a choisi les mots de poètes qu’elle aime pour leur donner un éclat à travers ses notes : Emily Brontë, Robin Myers, Alejandra Pizarnik. à qui elle rend un bel hommage.
La musique aux arrangements expérimentaux, dégage une certaine mélancolie. La voix cristalline et très expressive de Luciana qui chante en espagnol et en anglais, s’accompagne du jeu délicat et très mesuré des musiciens. Beaucoup d’inventivité, que ce soit avec la voix qui vocalise savamment en jouant avec les sons, ou avec les solos des instruments notamment la clarinette basse et la batterie dont la délicatesse est remarquable.
Luciana s’adresse au public en anglais, ce qui rend l’échange plus difficile! Cependant tout le monde a compris qu’elle rendait hommage à son grand-père italien qui a fait la guerre en tant que photographe, avec la chanson Fotografia de guerra. Ou qu’elle se trouve à Bâle à cheval entre deux pays : la Suisse et l’Allemagne, Two sides.
Musique expérimentale, improvisation libre, voix expressive, tout est mis en œuvre pour faire résonner la dramaturgie Des mots du vent, en passant par les influences argentines et le jazz.
Dommage qu’une certaine tristesse se dégageait de ce concert, et que la connexion avec le public a eu du mal à se faire.
