15/01/2026 – Zaza Desiderio Trio « Osmoses » au Jazz Club de Grenoble

15/01/2026 – Zaza Desiderio Trio « Osmoses » au Jazz Club de Grenoble

Quelle liberté ! Quel contraste dans la programmation! Quel écart plus grand entre ces deux formes de jazz! Que sont le «hard-bop de la semaine dernière- voir chronique Olivier Robin Quintet– parfait continuateur de la tradition des Jazz Messengers- et le projet « Osmoses » présenté par Zaza Desiderio (batterie) et son trio- Rémi Ploton piano et claviers, Michel Molines, contrebasse.

Projet tout en rupture:avec une certaine manière «standard» d’harmoniser et de rythmer le jazz; rupture avec la tendance à réduire Zaza le batteur à la musique de danse carioca, samba, bossa pour au contraire présenter un mix de musiques diversement colorées : Brésil mais pas que, Tigran Hamasyan, Brad Meldhau, Vigay Iyer. Zaza aime aussi les pianistes. Cette rupture conduit donc tout naturellement à une sorte de synthèse, que Zaza a préféré nommer Osmose, car cest plus le résultat d’un processus vital qu’une opération de l’intellect.

Nous avons donc entendu pour la première fois ce jeudi, une musique étrange, familière cependant puisque deux composantes essentielles sont le point de départ du processus de création : l’émotion d’abord: il n’était qu’à écouter les introduction des trois premiers thèmes : introduction de batterie pour le premier- E o fim da procissao– un hommage à la région Nord Est du Brésil si pauvre et désertique, si riche culturellement et humainement ; introduction qui commence de manière élémentaire- la simplicité est la deuxième composante des créations du trio- deux toms médium se répondent, à la sixte mineur puis à ce dialogue se mêle une caisse claire à l’octave, et enfin la grosse caisse sur une note de dominante: l’accord est posé, le deuxième thème (de Zaza toujours:Bien arrivé) est introduit pas la contrebasse. Nous admirons, avant même la volubilité de Michel, le «son ». Michel  fait résonner tantôt les harmoniques, la phrase s’élance et puis viennent les doubles notes puis triples notes, enfin des accords qui sont sortis de la mélodie. Puis une introduction au piano pour un troisième thème (Camille et Kim– un thème de Rémi Ploton), calme, debussyste, réveur parfois avec des accords très jazz parfois, voire même des « blocks chords ». Multi références en Osmose.

Les mélodies sont souvent élémentaires, de petites «miniatures mélodiques.La miniature est un des thèmes de prédilection du trio (voir son CD Osmose) qui renvoie aussi bien au thèmes de l’enfance qu’à celui de la poésie (CF Goethe et la figure centrale dans son écriture du microcosme, image en réduction du macrocosme- thème baroque aussi puisque le motif élémentaire est la clef de toute la genèse d’une œuvre). Nous entendrons ainsi L’enchanteur de Rémi, où sur une ligne simple de piano, Zaza vient jouer sa plus-que-machinerie rythmique, magique», comme un kaleidoscope sonore. Et puis en deuxième set , Miss Ifa– «Mi-si-fa » (je soupconne le mi d’être bémol!, thème dans lequel Michel Molines tourne autour de ces trois notes jouées à la main droite du piano pendant que la gauche et la contrebasse conversent, fuguent dans quelques lointains imprévisibles.Ah! La vie du coeur.

Celui de Zaza bat avec tendresse pour tellement d’êtres! De sa maman pour commencer « Dona Nilva qui éleva 8= 2 enfants-«Etre mère c’est un mystère absolu…les mères naissent en même temps que leurs enfants… la beauté vient de l’amour» Christian Bobin- le Trés-bas» Cette tendresse s’exprime dans la caresse du balais sur la caisse claire, qui passe de la valse à la bossa, en une de ces métamorphoses dont le trio à le secret. La contrebasse avec sa justesse toujours magnifique, déploie ses mélodies.

J’adore l’écriture de Rémi déclare Zaza à propos de Sir Kev, thème suivant au titre énigmatique. Ce sera pour lui l’occasion encore une fois de d2ployer, aprés celui du piano, un chorus éblouissant, où les changements de rythmiques font notre joie à tous. Ah la métamorphoe dans le jeu du trio ! Du pur bonheur.

Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Boris Vian fournira avec son Déserteur l’occasion de chanter la vie , la vie élémentaire (harmonie épurées !^dans un « bis, qui se prolongera par un «trice» dont je n’ai pas réussi à retenir le titre ; oh pas d’inquiétudes ! c’»était pour changer et à la demande d’une partie (seulement) du public un thème que vous pourrez retrouver quelques part dans un Realbook.

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